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LES HISTOIRES DE RICE

« Nouveaux méthanes » : de nouvelles filières à industrialiser

Pour renforcer la place du gaz dans le mix énergétique et contribuer à ce que l’industrie gazière tire le meilleur profit de la transition énergétique en cours, RICE revendique une expertise de pointe dans l’étude des nouveaux gaz et, plus particulièrement, dans la préparation des réseaux – transport et distribution – à leur développement.

Dairo Ballestas Castro, coordinateur de notre programme « Préparer les réseaux à l’arrivée des Nouveaux gaz », préfère, dans le cadre de ses travaux, l’expression « nouveaux méthanes » à celle de « nouveaux gaz ». Une démonstration que les mots ont un sens.

De « nouveaux gaz » pour un nouveau mix énergétique

Pour pallier aux effets de la crise climatique et tirer le meilleur profit des innovations technologiques disponibles, la France s’est engagée, aux côtés des autres États-membres de l’Union européenne, dans un ambitieux processus de transition énergétique. Le gouvernement français y consacre beaucoup de moyens pour, notamment, créer l’impulsion à travers tout le secteur de l’énergie. Par conviction et pour répondre aux attentes des instances de régulation, nous nous inscrivons pleinement dans cette dynamique positive. Notre ambition : développer de « nouveaux gaz » pour renforcer la place de l’énergie gaz dans le mix énergétique qui sera issu de cette transition.

Pour y parvenir, il convient de promouvoir de « nouveaux gaz », renouvelables et responsables, d’encourager leur production mais aussi d’anticiper l’impact de leur injection dans les réseaux, existants ou à construire.

Parmi ces « nouveaux gaz », outre l’hydrogène et les biométhanes connus, nous pouvons aussi compter sur de « nouveaux méthanes » issus de nouvelles filières comme la pyrogazéification ou la gazéification hydrothermale.

Ceux-ci doivent être étudiés pour faire l’objet d’une réglementation qui puisse garantir une injection en toute sécurité dans les réseaux. C’est l’objet du programme « Préparer les réseaux à l’arrivée des Nouveaux gaz », que je coordonne.

« Nouveaux gaz » ou « Nouveaux méthanes » ?

Il ne s’agit pas de jouer sur les mots, mais il est essentiel d’être précis et de bien comprendre de quoi nous parlons…

Ainsi, nous avons donc décidé d’étudier les nouveaux gaz à travers deux programmes différents : le premier est dédié au seul hydrogène, tandis que le second étudie l’impact sur les réseaux de tous les autres nouveaux gaz. C’est pour cela que j’ai préféré substituer, dans les faits, ce terme de « nouveaux gaz » par l’appellation « nouveaux méthanes ».

Auparavant, ce que nous désignions comme « nouveau méthane », c’était celui déjà injecté dans les réseaux depuis 2011-2012, et connu aujourd’hui sous le nom de « biométhane ». Il est issu de la digestion des biomasses, et cette appellation est encadrée par l’arrêté du 23 novembre 2011 qui définit les intrants susceptibles d’être employés.

Or, il existe d’autres gaz assimilés au gaz naturel. Ceux-ci sont issus de procédés de pyrogazéification, à partir d’intrants – biomasse ou non – différents de ceux autorisés par l’arrêté de 2011, ou encore de la gazéification hydrothermale à partir d’intrants liquides. Nous ne savons pas, à ce jour, si nous pouvons appeler ces gaz « biométhane » au sens de la réglementation. Sans doute faudra-t-il faire évoluer cette dernière et aboutir à une nouvelle définition de ces « nouveaux méthanes » qui puisse faire consensus.

Aux États-Unis, par exemple, ces nouveaux gaz sont appelés « gaz naturels renouvelables ». C’est une formule qui ne peut être utilisée en France car elle est trop proche de l’appellation « gaz naturel » et ne correspond pas à l’acception que l’on se fait de « naturel ». En effet, ces « nouveaux méthanes » sont issus de processus industriels ou chimiques.

D’autres parlent également de « méthane bas carbone » mais, encore une fois, cette désignation ne convient pas. C’est pourquoi, pour l’instant, et en l’état actuel de la réglementation, nous les désignons par le terme « nouveaux méthanes ». Nous sommes persuadés que ces « nouveaux méthanes » joueront un rôle prépondérant dans le nouveau mix énergétique.

Les « Nouveaux méthanes », un défi à part

Les biométhanes, au sens de la réglementation, sont issus de procédés de méthanisation, avec une phase d’épuration. Les techniques de production, les filières et l’acheminement en sont connus et maîtrisés de longue date.

Pour les « nouveaux méthanes », de nouvelles filières se développent. Il y a, notamment, la pyrogazéification ou la gazéification hydrothermale, qui doivent parvenir à des solutions technologiques matures, capables de bien s’imbriquer dans le réseau existant. Grâce aux recherches conduites, à la mise au point de nouveaux procédés et à l’adaptation nécessaire du réseau, nous devons parvenir à la production d’un gaz injectable.

Nos efforts de Recherche & Développement & Innovation doivent porter, en priorité, sur les technologies de production de ces « nouveaux méthanes ». Parallèlement, il faut travailler sur la connaissance de ces combustibles, ainsi que sur tout ce qui va être lié à leur injection et à leur acheminement dans les réseaux de transport et de distribution.

Ces nouveaux gaz constituent un défi parce qu’il y a une nouvelle matrice à maîtriser avant de pouvoir les injecter. Nous devons être sûrs que toutes les précautions mise en place pour le gaz naturel vont également s’appliquer à ces nouveaux méthanes. Nous devons pouvoir assurer, en toute sécurité, son acheminement dans les différents réseaux de transport et de distribution. Nous devons également travailler sur l’injection de ces gaz dans le stockage sous-terrain.

Un vaste programme qui mobilise nos équipes

Ces optimisations concernent toute la chaîne, de la gestion des gisements au coût d’injection et d’acheminement jusqu’aux utilisateurs finaux. C’est le travail auquel s’attachent nos équipes au sein du programme « Préparer les réseaux à l’arrivée des Nouveaux gaz ».

Ce programme comporte trois volets : le premier consiste à s’assurer que l’injection et l’acheminement de ces « nouveaux gaz » peuvent se faire en toute sécurité ; le deuxième comprend toutes les actions R&D nécessaires pour s’assurer que les technologies de production, développées pour ces « nouveaux méthanes », seront prêtes pour que la filière soit industrialisée ; enfin, le troisième concerne le nouveau réseau avec, par exemple, ce que l’on appelle l’auto-injection et aussi la collecte des gaz bruts, pour réaliser une épuration et une injection centralisées à des fins d’économie.

En 2019, nous avons élaboré une première feuille de route avec GRTgaz, puis initié une démarche similaire avec le PRCI en Amérique du Nord. Nous espérons, à court terme, pouvoir accompagner d’autres opérateurs de réseaux dans la définition de leurs objectifs. C’est un levier important d’identification des efforts qui peuvent être mutualisés et bénéficier des expertises solides de nos équipes RICE.

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